mardi 13 avril 2010

Je est un autre. Recueillis par CAZALS Christian

Je ne suis rien
Jamais je ne serai rien
Je ne puis vouloir être rien.
Cela dit, je porte en moi tous les rêves du monde.

                                                   Fernando Pessoa, ( Bureau de tabac)




Qui suis-je? Moi? Un autre?
Nous pensons en prononçant ces mots à l'expression du philosophe Paul Ricoeur la poésie permet de " se penser soi-même comme un autre ".

Chanson de l'étranger.

Je suis à la recherche
d'un homme que je ne connais pas,
qui jamais ne fut tant moi-même
que depuis que je le cherche.
A-t-il mes yeux, mes mains
et toutes ces pensées pareilles
aux épaves de ce temps?
Saison des mille naufrages,
la mer cesse d'être la mer
devenue l'eau glacée des tombes.
Mais, plus loin, qui sait plus loin?
Une fillette chante à reculons
et règne la nuit sur les arbres,
bergère au milieu des moutons.
Arrachez la soif au grain de sel
qu'aucune boisson ne désaltère.
Avec les pierres, un monde se ronge
d'être, comme moi, de nulle part.

Edmond Jabès.   ( Je bâtis ma demeure ) 1943-1957

jeudi 8 avril 2010

Ode Maritime de Fernando Pessoa

Théâtre de Grammont

Ode Maritime de Fernando Pessoa.

"Seul, sur le quai désert, en ce matin d'été, je regarde du côté de la barre, je regarde vers l'Indéfini, je regarde et j'ai plaisir à voir, Petit, noir et clair, un paquebot qui entre.
Il apparaît très loin, net, classique à sa manière."


Pessoa bouscule nos modes de perception. Nos modes de vie.
Le corps pense. Il vit la vie de l'âme.Avec sa peau.Avec ses nerfs. Avec son sang.

Claude Régy

Ode sauvage à Jan Petrus. Aventurier

Ode sauvage à Jan Petrus





Jan Petrus grand arpenteur du monde
Visionnaire
Et pour fixer les images que lui seul voit
Photographe
Peintre
Dessinateur
Va en solitaire sur les plages désertes
Parfois il interrompt ses marches désespérées
Et se plonge dans les vagues
Le bonheur des flots fracassés sur le rivage
Il est nu
Et le soleil caresse son corps
Alors il s’étend sur le rivage
Ferme les yeux
Et contemple le ballet des sirènes.

Jan Petrus collabore parfois à notre blog
Et nous laisse un billet
Chantant la beauté
D’une femme
D’une peinture
D’une sculpture
D’une œuvre contemporaine.

A l’occasion Jan Petrus tourne dans un film
Ancien acteur
Interprète des battements de cœur des pays qui cherchent une identité
Il cherche la révolution
Parfois le combat.
Les p’tits hôtels sont ses refuges pour la nuit
Parfois deux jours.
Pas plus.
Il revient de Cuba.
Un billet concernant une fille aux cheveux rouges.
Des musiques dans la ruelle imprégnée de l’odeur du cigare.
Un bandonéon crasseux sur le capot d’une vieille dodge des années 30.
Et pour la nuit…..
Pour la nuit….
Rêvez.
Demain la vie parisienne.

mercredi 27 janvier 2010

jeudi 17 septembre 2009

jeudi 10 septembre 2009

mardi 8 septembre 2009

La promenade



Chant guttural dans la solitude de la forêt
Bramée amoureuse
Et geste simple en mouvement de marche,
Danse lente /
douche de la rosée matinale.
Frissons et découverte des lieux secrets.

Les amants s’éveillent.
Elle et lui.
S’animent les mains, les bras, les jambes,
Les doigts parcourent le dos – douceur d’une fusion savante des pieds –
visages au regard extatique
lèvres de pâle incarnat.
Sexes en pulsations.

L’âme est blottie dans son nid de chair et de sang.


Chuchotements
Soupirs
Chants discrets rythmant l’étreinte.


Les deux formes humaines
Nées de l’argile
Pétrie,
Sculptée jour et nuit par les doigts du créateur,
Formes dans l’harmonie d’un univers de mystère.
Les deux s’animent,
Vivent le cœur battant,
Organes complexes enveloppés de muscles,
Statue souriante
Enigmatique.

Ainsi vivent les corps.